28.01.2009

Avirons, bruants, basilics

Au salon -- dans le séjour.

(Creuser le système des tirets.)

Au salon ------- dans le séjour ; un de ces jours, face aux tiroirs élégants, aux disques de Bach, Handel, Britten, Shchedrin*, j'aurai peut-être enfin ---- enfin ? ---- le temps d'écrire, pour de bon that is.

 

L'ordi rame [il a fait toutes mes campagnes de carnétoile]

L'ordi rame [le séjour est loin de la Livebox]

L'ordi rame : so we'll no more go a-rowing. /// Avec à peine l'once d'une variante, voilà ce que je me dis à chaque fois que je passe rue Traversière. ///////

 

Il faut écrire le roman des rues de Tours. (Sereinement ? Déjà dérapant ? On n'en sort pas, finalement.)

 

 

* Родион Константинович Щедрин

18.01.2009

Tarabiscotages

Comme dans notre précédente demeure où, outre l'attrait des baguenaudages divers entre livres, disques et surfages, le travail à domicile m'enlevait tout désir durable d'écrire, de tenir mes carnets, je m'aperçois avec horreur que je n'ai pas publié le moindre billet en trois jours, et ce à peine né ce nouveau blog, alors que, pour aggraver mon cas, j'avais griffonné quelques paragraphes la semaine passée et que je n'avais, en quelque sorte, qu'à les reproduire ici.

Plusieurs fois, depuis jeudi, installé au bureau bas blanc de la bibliothèque, contemplant cette vaste pièce où enfin, à quelques-uns près, sur quatre murs pleins, tous nos livres sont rassemblés, je me suis dit que j'allais écrire un long texte sur cet antre lumineux, et, en fin de compte, c'est ce soir, à presque onze heures, à la table de la salle à manger, ma ration quotidienne de copies corrigée, que j'ouvre ce carnétoile pour y jeter --- rien ; évidemment, la lecture de La Dissolution (où, entre autres maints échos de mon existence actuelle, se trouve une référence à la loi de Mariotte, mais aussi un globe japonais déchiré) ne pousse pas au constructivisme, encore moins à une attitude de type réaliste-naïf ou prémoderniste-fleuraufusil. (D'ailleurs, je trouve que les chemins de Roubaud et de Blanchot se croisent de plus en plus, comparaison qui surprendrait, choquerait, agacerait -- qui sait ? -- le seul des deux à pouvoir encore grimper au plafond.)

Ce soir, même, voulant essayer, malgré la fatigue, de ne pas céder à la paresse et de suivre l'une de mes bonnes résolutions de 2009 (un peu de latin soir et matin chasse le médecin), je n'ai pas réussi à m'intéresser ni à l'incipit du Pro Roscio Amerino (Cicéron) ni à la troisième des Héroïdes. Je veux tout de même persévérer, et, une fois ce billet écrit, complété d'ailleurs par une notule du dimanche précédent, je vais prendre ce bon vieil Ovide à bras-le-corps. Peut-être suis-je outrecuidant, ou surestimé-je mes forces, en me passant d'éditions bilingues ; on verra.

11 janvier, cinq heures p.m.

 

            Le soir du 10, la 2ème de Brahms, par Masur – toujours aussi scintillante, douce, émouvante. Le 11, encore la 1ère de Mahler, par Abbado. Je suis toujours aussi partagé – des splendeurs, mais éparses. Plus disséminé que symphonique, peut-être.

            Alpha, se remettant difficilement de sa gastro-entérite, s’envoie un roman de la série des Mystères romains, par après-midi (3 heures à peu près pour un roman de 200 pages). 3 sur 11 déjà (*).

            Mes parents sont en Egypte depuis hier. Aujourd’hui, c’était leur journée la plus fatigante. Pas de nouvelles, évidemment, d’autant que nous n’avons toujours ni téléphone ni surtout Internet à la maison. (Au moins, je corrige mes copies.) Alpha lit chaque jour, avec envie mais aussi une belle once d’expertise, le programme de leur voyage.

 

(*) Hier et aujourd'hui, il a lu les tomes 4 et 5 : Les Assassins de Rome & Les Dauphins de Laurentum. (J'ai commandé, en anglais, un recueil de nouvelles de cette même série, qui n'a pas l'air si mal écrite que ça, et en tout cas très convenablement traduite et fort soigneusement éditée.)