30.01.2009

Dis-toi, la mésange, et toi la merlette...

Dis-toi, la mésange, et toi la merlette
d'où ces piétinements furieux tirer
quelque leçon ? L'envol de l'Espérance
n'est pas rien, sûrement, encore que, bon,
bref, ce n'est pas demain la veille qu'elle
attisera certaines litanies :

Le monde est dépeuplé sans retour. Force
est de constater (bla bla (c'est du morse))
que * l'exil a connu des avanies
(ce n'est rien) ** la guerre aura des séquelles
*** tout n'est pas bon, à l'os, dans le jambon
(payé à l'oeil) **** Les flots de sueur rance
coulent dans les caniveaux.
                                                          (Admirez
Qu'on a oublié mésange et merlette.)

29.01.2009

Aujourd'hui, dans la manif...

Aujourd'hui, dans la manif
-estation (je n'aime pas trop
tronquer les noms, et moins encore
les adjectifs, à
l'écrit, du moins), je me gelais
les mains, vite callosées,
à tenir la banderole :

en 92, Jean-Marc Vergé-Borderolle
cria cette formule osée
(à Bordeaux, si je les
rapporte) d'un tel califat :
Touche pas à mon Plaute !  ( hardcore :
& Nicolas Gautreau
a le regard aussi acéré qu'un canif )

 

28.01.2009

Toujours détroussé du suaire...

Toujours détroussé du suaire
& débarrassé des torchons
On s'investit dans quelque armée
un conflit de peu de valeur

À n'être jamais trop livide
& à singer cet alibi
des fous de Dieu à l'âme veule

On suspend son vol comme feule
un chat-huant dans l'établi
âme damnée ou impavide

S'il fallait que pour ton malheur
Tes habits d'étoffe élimée
soient de la gelée aux cochons
Tu serais bientôt belluaire

 

Marred oil / Olim darer / Idle armor

Lard moiré

Dorme rail

Le mirador

 

Deux cintres, un pot à crayons, une paire d'espadrilles - zut ! je n'ai pas refait le lit, à la chambre d'amis.

Le voisin du 7, en face, avec son teint rougeaud et son menton en galoche, ne cesse ses allées et venues, et gare toujours, très consciencieusement, son gros monospace sur le trottoir, de manière à ne permettre de passer ni aux poussettes, ni aux fauteuils roulants, ni aux simples piétons. (De surcroît, entre le 16 et le 31 du mois, il est censé stationner de l'autre côté de la rue, donc ça commence à faire (Le pire, sans doute,

et le plus simple, du point de vue des relations de voisinage, est qu'il ne dit même pas bonjour.) beaucoup.

)

 

Avirons, bruants, basilics

Au salon -- dans le séjour.

(Creuser le système des tirets.)

Au salon ------- dans le séjour ; un de ces jours, face aux tiroirs élégants, aux disques de Bach, Handel, Britten, Shchedrin*, j'aurai peut-être enfin ---- enfin ? ---- le temps d'écrire, pour de bon that is.

 

L'ordi rame [il a fait toutes mes campagnes de carnétoile]

L'ordi rame [le séjour est loin de la Livebox]

L'ordi rame : so we'll no more go a-rowing. /// Avec à peine l'once d'une variante, voilà ce que je me dis à chaque fois que je passe rue Traversière. ///////

 

Il faut écrire le roman des rues de Tours. (Sereinement ? Déjà dérapant ? On n'en sort pas, finalement.)

 

 

* Родион Константинович Щедрин

27.01.2009

Valérie Pécresse cite Derrida (Jacques)

La soirée commence ; je me trouve entre les rayonnages de livres, les murs ; j'écris au bureau bas blanc dans la vaste bibliothèque. Je peux, de la fenêtre, contrôler régulièrement, constater l'immobilité de toutes choses dans la rue. Merles, accenteurs sont au repos ; les passants, les promeneurs de chiens n'arpentent plus les trottoirs. Des factures, des travaux à corriger, un pot à crayons "papillon" et une montre occupent les abords de cette étagère qui me sert de bureau et où j'entrepose mon ordinateur portable. Contre les genoux, les disques de jazz H à Z. (L'alphabet A à G se trouve derrière moi, au-dessus des rayonnages de linguistique & philosophie.)

Seule l'ampoule de la lampe d'architecte, au bureau en pin, éclaire la pièce, sans que je sois, pour autant, dans la pénombre. Le souffle chantant du chauffage accompagne mes pianotages. On peut dire que je me contente de peu, et, dans le même temps, j'ai tant face à moi -- entre autres, je me pavanais, me targuais de tant de projets inaboutis qui allaient renaître, on allait voir ce qu'on allait voir. (Se placer d'emblée sous le signe de la Dissolution était certainement une imprudence, pour ne pas dire pis.)

Contre les genoux, les disques de jazz H à Z. (Les disques de musique classique et contemporaine, aussi de "chanson française", se trouvent au salon, avec la chaîne HiFi.)

Hâtez le pas, les promeneurs de chiens !

 

Comme un sou neuf

      La tempête a balayé le temps -- les jours s'égrènent lentement -- en tablier, sarrau, fichu de vieille dame -- pins couchés ou brisés.

La tempête a suspendu l'heure -- aux moitiés d'oranges, aux fleurs de rhétorique -- à combien le litre ? à combien l'espoir ?

Nos crépis creusés par le vent -- notre mémoire bafouée -- terrains saccagés, morts d'opérette -- coup de chiffon de la tempête.

 

26.01.2009

Dudsland

             Quatre heures ; le diable battait sa femme (son épouse (sa démonesse)).

---------- Tu ne vas tout de même pas recommencer tes

conneries

poésies ?

 

Le diable bat sa femme, all right. Arc-en-ciel, all right. C'était cette chanson : Love is rainbow. (Circulez quand même, y a rien à voir malgré tout.)

 

Maud passa me dire bonjour (elle crée son entreprise).

 

23.01.2009

Sicle ---- a sickle (quel sigle !)

    Après avoir passé la journée  -- dans le brouhaha, la chaleur des ampoules survoltées, le martèlement des giboulées sur les tôles -- au Salon d'Information des Collégiens et des Lycéens, et avant d'y passer mon samedi idem (ou derechef), qu'écrire, sinon que j'ai appris une blague de légionnaires, et, d'une de mes étudiantes en t-shirt SMECO, qu'elle était pilier de rugby à Saint-Pierre des Corps ?

 

Du mal à m'y remettre, peut-être la polygraphie, mal profond qui semblait si durablement ancré en moi, s'est-elle endormie - ou l'ai-je imprudemment éradiquée. (Faut dire que les semaines ne laissent guère de loisir.)

J'ai oublié, dans la mallette de l'ordinateur portable, au garage, Maiden Castle, que je lis. (C'es sublime -- je l'écris ici -- même si Eric trouve à y redire.) J'ai reçu les Cent sonnets de Robert Droguet, curieux ouvrage, qui me laisse perplexe tout en étanchant ma soif de sonnets hétérométriques et aux systèmes rimaires insolites [À défaut de relancer mes sonnets en prose, je pourrais au moins me lancer dans l'écriture, longtemps projetée, de sonnets concentriques.], et Le Mot Magique d'Augusto Monterroso.

Ce n'est pas au Sicle que je -- sickly though I may be -- trouverai à m'abstraire de ces longues litanies, discussions toujours reprises, explications toujours les mêmes données à des lycéens et lycéennes toujours divers, à défaut de la lollypop récurrente (distribuée, dit-on, justement au stand de la SMECO). À tout le moins, avec ma collègue germaniste, avons-nous eu une conversation sur Paul Celan. J'ai noté, au dos du marque-pages de Maiden Castle, les titres de textes en prose d'Ingeborg Bachmann que je ne connais pas et qui sont, dixit, plus sublimes que sa poésie !

 

;;;;;;;; du reste (tragique) on ne dira rien ::::::::::

 

19.01.2009

Sommeil paradoxal

    Dans l'ancienne maison, Oméga, qui aura vingt mois demain, était plutôt lève-tard, quel que soit le jour et ce dès son plus jeune âge. Dans la nouvelle maison, il se lève dès 7 h ou 7 h 15, parfois plus tôt (ainsi, avant-hier, samedi matin, il a gazouillé vers 6 h 30) ; en revanche, les lundi et vendredi, jours auxquels je dois le déposer chez sa nounou avant de passer par l'école primaire pour son frère aîné, j'ai été obligé, à chaque fois, de le tirer, à huit heures, d'un profond sommeil.

 

(Le clavier fait toujours sauter les i : pénible !)

Pour les bonnes âmes que préoccuperait le sort de mon salut latiniste, je signale que j'ai lu (déchiffré ?) hier soir, avant minuit, les cinquante premiers vers de la troisième des Héroïdes. Comme au temps de mes études, j'ai toujours l'impression de comprendre très aisément Ovide, tout en sachant que plusieurs petits faux-sens jonchent le sol de ma lecture...

 

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