10.02.2009
Des colis pour Sarkozy (suite)
11:08 Publié dans Nuque, livre, poubelle | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
08.02.2009
Courrier d'accompagnement au "colis recherche", à M. Nicolas Sarkozy
Depuis la mi-octobre, je participe à un collectif d'universitaires tourangeaux, qui, réuni une fois par semaine en Assemblée Générale aux côtés d'étudiants nombreux dès novembre, réclame du Ministère de l'Education qu'il retire, en préalable à toute discussion, sa réforme des concours de l'enseignement, et du Ministère de l'Enseignement Supérieur qu'il revienne sur son projet de décret réformant le statut des enseignants-chercheurs. Nous avons été (pas tout seuls quand même) pionniers. Nous avons voté des motions, pétitionné, manifesté, écrit des courriers, élaboré des contre-projets (car nous ne sommes pas de simples réacs refusant tout changement), fait cours dans la rue ; nous faisons une grève administrative lourde, et, depuis une semaine, une grève reconductible. Jamais je n'avais vu autant de collègues se mobiliser ausi fortement, au point que nous avons fini par renverser (faiblement) la vapeur et que ce sont désormais les présidents d'université qui commencent à exprimer leur désaccord à haute et (presque) intelligible voix.
Toute la semaine dernière, j'ai participé à (et, dans bien des cas, lancé) des actions diverses, dont une lettre ouverte au Recteur de l'académie d'Orléans-Tours, qui avait eu l'idée saugrenue d'envoyer le 29 janvier dans les universités une "note interne" demandant aux universitaires de fournir des noms d'étudiants en 3ème année susceptibles de faire cours en collège et lycée, car, après 21 000 suppressions de postes, oh, surprise ! il manque des quantités invraisemblables d'enseignants "à mettre face aux gamins", comme je crois qu'on dit. En parallèle d'une réforme qui vise à enlever tout contenu disciplinaire aux concours d'enseignement, à enterrer définitivement la notion de transmission du savoir, et à "précariser" les nouveaux recrutés, cette "note interne "avait de quoi scandaliser... Elle est aussi entre les mains des collègues de l'enseignement secondaire, et, progressivement, des parents d'élèves, dont on pourrait imaginer qu'une politique systématique et aussi visible de nivellement par le bas devrait les choquer... Nous verrons bien.
Demain midi, à la Poste centrale de Tours, une délégation d'enseignants-chercheurs de Tours va aller déposer, dans les boîtes aux lettres, des colis contenant articles et travaux de recherche divers, et adressés à l'Elysée.
Voici le texte de la lettre que je vais joindre à mon envoi :
Monsieur le Président,
Suite à votre discours du 22 janvier dernier, j’ai décidé de vous envoyer un choix de mes articles de recherche.
Feignant d’ignorer des instances aussi complexes et reconnues que l’AERES, les C.N.U. et les Conseils Scientifiques des Universités, vous prétendez que nous, enseignants-chercheurs, ne sommes pas évalués. Cela signifie aussi que vous vous substituez de facto à ces instances, en affirmant haut et fort l’incompétence et la nullité des chercheurs français. C’est pour cette raison que je vous envoie certains articles, dont certains des plus récents. Vous pourrez ainsi juger sur pièces à quel point c’est mauvais.
J’espère que vous me pardonnerez de ne pas avoir envoyé tous mes travaux, car, comme vous le savez certainement, je suis dans le même cas qu’une majorité de mes collègues chercheurs : ne disposant d’aucun financement, je suis contraint de financer sur mes fonds propres mes frais d’impression et de déplacement pour colloques.
Enfin, sur un autre point : il se trouve que je dirige un département d’anglais, fort d’une quarantaine d’enseignants-chercheurs, et où sont délivrés pas moins de six années diplomantes (sans compter les mentions et options, nombreuses) à plus de 500 étudiants. Je crois me rappeler les promesses d’un candidat à l’élection présidentielle, qui avait dit vouloir revaloriser le travail administratif des enseignants-chercheurs. Sachez que ma décharge pour cette tâche qui me prend environ 35 heures par semaine (en plus de mon activité d’enseignement et de recherche) est de 50 heures annuelles.
Dans l’espoir que vous me remettrez une évaluation de mes travaux dans les meilleurs délais (c’est-à-dire dans des délais aussi efficaces que ceux du CNU 11e section et de l’AERES), je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments inquiets.
Guillaume Cingal
Comme nous sommes de plus en plus nombreux à le dire, depuis octobre : nous n'avons pas le choix ; de toute façon, c'est cela ou crever la bouche ouverte... Autant lutter...
21:36 Publié dans Orateur mité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
02.02.2009
Coincée ainsi, entre trois chameaux...
Coincée ainsi, entre trois chameaux
et le saturateur
en gros plan, ma bouille lisant
Malina de Bachmann
manque de féminité.
(C'est là une faiblesse infime
qui peut se rattraper sans lutte
inutile.) Derrière la bosse, une butte
Dessine des cordages, dépouilles opimes ;
Les lignes, une infinité,
du convecteur voient D. No-man
fuir devant
le calme réparateur
de la page où vivent les mots.
13:53 Publié dans Entonnons ces criquets | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
à aucun moment...
à aucun moment) pour rien au monde
un commencement ne s'ébauchera
à l'ombre de la statue - l'assaut
donné à tout prendre, à tout perdre, à tout
décider : voici des fruits, des feuilles
& des signaux -- de fumée surtout, dans
la brume nocive (elle est de jade)
où se perdent les esquifs. Phare fade,
falot, faiblard, feu follet d'Ourdan,
tes estampes, qu'aux vagues tu recueilles,
n'ont rien de neuf. Au fond du faitout
d'algues engluées, se trouve un lasso --
fiévreux il s'enroule ; et il ne choira
à aucun moment (pour rien au monde
06:41 Publié dans Entonnons ces criquets | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.02.2009
Sexe de Jésus tenté
Il y a, dans les dossiers qui contiennent mes « textes de jeunesse », des pages que je n’ai plus relues depuis le jour de leur rédaction. Il y a deux ans, ou trois peut-être, j’avais cru que je ferais quelque chose de ces centaines de feuilles empilées entre 1991 et 1995, pour beaucoup dactylographiées. J’avais même créé un document Word, intitulé plaisamment À fond de tiroir ; je n’en ai écrit que la préface et n’ai jamais recopié le moindre de ces textes. Paresse ? pusillanimité ? inaptitude à faire fructifier le passé ? juste conviction de la vanité d’une telle entreprise ?
Tout à l’heure, j’ai remonté, de l’atelier – seule pièce pas encore vraiment rangée depuis le déménagement – deux de ces dossiers ; j’ai l’impression que ces textes ont connu une certaine dispersion. Avant d’écrire les lignes que voici, j’ai relu, parcouru plutôt, quelques pages : « Aux catacombes ! », par exemple. Ce n’est pas si mauvais. C’est un peu vain, « poétique », sous influence toujours. Mais je ne fais pas mieux maintenant. Aussi ne suis-je pas devenu écrivain : la différence entre mars 1993 et février 2009 tient à cela. Quand je scribouille, je sais que je gribouille.
Peut-être recopierai-je tout de même certaines de ces pages… ou les photographierai-je, comme les clichés retrouvés dans la mallette d’un agent secret, ou d’un enfant mort.
23:39 Publié dans Sexe de Jésus tenté | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Animal(e)
Hier, j’ai lu des poèmes de Michael Blumenthal – j’ai oublié le volume à l’étage.
L’installation, au bureau-bibliothèque, a encore (légèrement) changé. Comme l’imprimante a déménagé sur l’étagère blanche qui se trouve sous la fenêtre de droite, j’occupe – avec mon ordinateur portable – un coin, plus élevé que le bureau bas blanc, du grand bureau en pin verni. Les deux fauteuils à roulettes verts sont de nouveau appariés, jumeaux qui furent, par notre faute, des mois, des années séparés.
Hier, j’ai aussi poursuivi ma lecture de Maiden Castle, mon humeur à ce propos suivant la courbe des montagnes russes. Hier soir, aussi, une nouvelle d’Ingeborg Bachmann, « Die Fähre », qui devait me servir d’échauffement avant de me lancer, ce dimanche – ce que j’ai fait – dans le roman de la même Ingeborg Bachmann, Malina, qui m’a été recommandé par une collègue, E., qui lisait, l’autre jour, au Sicle, la correspondance de Paul Celan avec une (à mon ignorante tête) parfaite inconnue, ce qui a donné lieu à une conversation sur Celan, évidemment, et sur mon goût, marqué quoique pas dépoussiéré de longtemps, pour la poésie de Bachmann.
Commencé, cette semaine, la rédaction de sonnets concentriques.
22:31 Publié dans Vertet amori | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Dans le faitout j'ai mis...
Dans le faitout j'ai mis : trois panais
-- de la dernière pluie ; quatre
parmentières -- le sol recouvert d'épluchures
cinq navets -- pour Tom Cruise
trois carottes -- de sorte que...
deux poireaux -- pour la soif
un oignon -- pour la prononciation !
C'est la énième soupe de l'année :
si vous n'en avez rien à battre
veuillez lire les hachures
sur le sol de la cuisine. Une vaste pelouse
accueillait, sublime, le fruit de nos muqueu-
ses épuisées. Un chien, dans un jardin, aboya (wouaf)
de n'avoir eu sa ration.
(composé hier & aujourd'hui, en deux temps)
16:43 Publié dans Entonnons ces criquets | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.01.2009
Dis-toi, la mésange, et toi la merlette...
Dis-toi, la mésange, et toi la merlette
d'où ces piétinements furieux tirer
quelque leçon ? L'envol de l'Espérance
n'est pas rien, sûrement, encore que, bon,
bref, ce n'est pas demain la veille qu'elle
attisera certaines litanies :
Le monde est dépeuplé sans retour. Force
est de constater (bla bla (c'est du morse))
que * l'exil a connu des avanies
(ce n'est rien) ** la guerre aura des séquelles
*** tout n'est pas bon, à l'os, dans le jambon
(payé à l'oeil) **** Les flots de sueur rance
coulent dans les caniveaux.
(Admirez
Qu'on a oublié mésange et merlette.)
15:58 Publié dans Entonnons ces criquets | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
29.01.2009
Aujourd'hui, dans la manif...
Aujourd'hui, dans la manif
-estation (je n'aime pas trop
tronquer les noms, et moins encore
les adjectifs, à
l'écrit, du moins), je me gelais
les mains, vite callosées,
à tenir la banderole :
en 92, Jean-Marc Vergé-Borderolle
cria cette formule osée
(à Bordeaux, si je les
rapporte) d'un tel califat :
Touche pas à mon Plaute ! ( hardcore :
& Nicolas Gautreau
a le regard aussi acéré qu'un canif )
21:47 Publié dans Entonnons ces criquets | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.01.2009
Toujours détroussé du suaire...
Toujours détroussé du suaire
& débarrassé des torchons
On s'investit dans quelque armée
un conflit de peu de valeur
À n'être jamais trop livide
& à singer cet alibi
des fous de Dieu à l'âme veule
On suspend son vol comme feule
un chat-huant dans l'établi
âme damnée ou impavide
S'il fallait que pour ton malheur
Tes habits d'étoffe élimée
soient de la gelée aux cochons
Tu serais bientôt belluaire
23:21 Publié dans Entonnons ces criquets | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Marred oil / Olim darer / Idle armor
Lard moiré
Dorme rail
Le mirador
Deux cintres, un pot à crayons, une paire d'espadrilles - zut ! je n'ai pas refait le lit, à la chambre d'amis.
Le voisin du 7, en face, avec son teint rougeaud et son menton en galoche, ne cesse ses allées et venues, et gare toujours, très consciencieusement, son gros monospace sur le trottoir, de manière à ne permettre de passer ni aux poussettes, ni aux fauteuils roulants, ni aux simples piétons. (De surcroît, entre le 16 et le 31 du mois, il est censé stationner de l'autre côté de la rue, donc ça commence à faire (Le pire, sans doute,
et le plus simple, du point de vue des relations de voisinage, est qu'il ne dit même pas bonjour.) beaucoup.
)
15:46 Publié dans Arte moverit | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Avirons, bruants, basilics
Au salon -- dans le séjour.
(Creuser le système des tirets.)
Au salon ------- dans le séjour ; un de ces jours, face aux tiroirs élégants, aux disques de Bach, Handel, Britten, Shchedrin*, j'aurai peut-être enfin ---- enfin ? ---- le temps d'écrire, pour de bon that is.
L'ordi rame [il a fait toutes mes campagnes de carnétoile]
L'ordi rame [le séjour est loin de la Livebox]
L'ordi rame : so we'll no more go a-rowing. /// Avec à peine l'once d'une variante, voilà ce que je me dis à chaque fois que je passe rue Traversière. ///////
Il faut écrire le roman des rues de Tours. (Sereinement ? Déjà dérapant ? On n'en sort pas, finalement.)
* Родион Константинович Щедрин
11:06 Publié dans Otium terrae | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.01.2009
Valérie Pécresse cite Derrida (Jacques)
La soirée commence ; je me trouve entre les rayonnages de livres, les murs ; j'écris au bureau bas blanc dans la vaste bibliothèque. Je peux, de la fenêtre, contrôler régulièrement, constater l'immobilité de toutes choses dans la rue. Merles, accenteurs sont au repos ; les passants, les promeneurs de chiens n'arpentent plus les trottoirs. Des factures, des travaux à corriger, un pot à crayons "papillon" et une montre occupent les abords de cette étagère qui me sert de bureau et où j'entrepose mon ordinateur portable. Contre les genoux, les disques de jazz H à Z. (L'alphabet A à G se trouve derrière moi, au-dessus des rayonnages de linguistique & philosophie.)
Seule l'ampoule de la lampe d'architecte, au bureau en pin, éclaire la pièce, sans que je sois, pour autant, dans la pénombre. Le souffle chantant du chauffage accompagne mes pianotages. On peut dire que je me contente de peu, et, dans le même temps, j'ai tant face à moi -- entre autres, je me pavanais, me targuais de tant de projets inaboutis qui allaient renaître, on allait voir ce qu'on allait voir. (Se placer d'emblée sous le signe de la Dissolution était certainement une imprudence, pour ne pas dire pis.)
Contre les genoux, les disques de jazz H à Z. (Les disques de musique classique et contemporaine, aussi de "chanson française", se trouvent au salon, avec la chaîne HiFi.)
Hâtez le pas, les promeneurs de chiens !
21:25 Publié dans Orateur mité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Comme un sou neuf
La tempête a balayé le temps -- les jours s'égrènent lentement -- en tablier, sarrau, fichu de vieille dame -- pins couchés ou brisés.
La tempête a suspendu l'heure -- aux moitiés d'oranges, aux fleurs de rhétorique -- à combien le litre ? à combien l'espoir ?
Nos crépis creusés par le vent -- notre mémoire bafouée -- terrains saccagés, morts d'opérette -- coup de chiffon de la tempête.
06:42 Publié dans Orateur mité | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.01.2009
Dudsland
Quatre heures ; le diable battait sa femme (son épouse (sa démonesse)).
---------- Tu ne vas tout de même pas recommencer tes
conneries
poésies ?
Le diable bat sa femme, all right. Arc-en-ciel, all right. C'était cette chanson : Love is rainbow. (Circulez quand même, y a rien à voir malgré tout.)
Maud passa me dire bonjour (elle crée son entreprise).
22:26 Publié dans Arôme truité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
23.01.2009
Sicle ---- a sickle (quel sigle !)
Après avoir passé la journée -- dans le brouhaha, la chaleur des ampoules survoltées, le martèlement des giboulées sur les tôles -- au Salon d'Information des Collégiens et des Lycéens, et avant d'y passer mon samedi idem (ou derechef), qu'écrire, sinon que j'ai appris une blague de légionnaires, et, d'une de mes étudiantes en t-shirt SMECO, qu'elle était pilier de rugby à Saint-Pierre des Corps ?
Du mal à m'y remettre, peut-être la polygraphie, mal profond qui semblait si durablement ancré en moi, s'est-elle endormie - ou l'ai-je imprudemment éradiquée. (Faut dire que les semaines ne laissent guère de loisir.)
J'ai oublié, dans la mallette de l'ordinateur portable, au garage, Maiden Castle, que je lis. (C'es sublime -- je l'écris ici -- même si Eric trouve à y redire.) J'ai reçu les Cent sonnets de Robert Droguet, curieux ouvrage, qui me laisse perplexe tout en étanchant ma soif de sonnets hétérométriques et aux systèmes rimaires insolites [À défaut de relancer mes sonnets en prose, je pourrais au moins me lancer dans l'écriture, longtemps projetée, de sonnets concentriques.], et Le Mot Magique d'Augusto Monterroso.
Ce n'est pas au Sicle que je -- sickly though I may be -- trouverai à m'abstraire de ces longues litanies, discussions toujours reprises, explications toujours les mêmes données à des lycéens et lycéennes toujours divers, à défaut de la lollypop récurrente (distribuée, dit-on, justement au stand de la SMECO). À tout le moins, avec ma collègue germaniste, avons-nous eu une conversation sur Paul Celan. J'ai noté, au dos du marque-pages de Maiden Castle, les titres de textes en prose d'Ingeborg Bachmann que je ne connais pas et qui sont, dixit, plus sublimes que sa poésie !
;;;;;;;; du reste (tragique) on ne dira rien ::::::::::
21:37 Publié dans Maître route | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.01.2009
Sommeil paradoxal
Dans l'ancienne maison, Oméga, qui aura vingt mois demain, était plutôt lève-tard, quel que soit le jour et ce dès son plus jeune âge. Dans la nouvelle maison, il se lève dès 7 h ou 7 h 15, parfois plus tôt (ainsi, avant-hier, samedi matin, il a gazouillé vers 6 h 30) ; en revanche, les lundi et vendredi, jours auxquels je dois le déposer chez sa nounou avant de passer par l'école primaire pour son frère aîné, j'ai été obligé, à chaque fois, de le tirer, à huit heures, d'un profond sommeil.
(Le clavier fait toujours sauter les i : pénible !)
Pour les bonnes âmes que préoccuperait le sort de mon salut latiniste, je signale que j'ai lu (déchiffré ?) hier soir, avant minuit, les cinquante premiers vers de la troisième des Héroïdes. Comme au temps de mes études, j'ai toujours l'impression de comprendre très aisément Ovide, tout en sachant que plusieurs petits faux-sens jonchent le sol de ma lecture...
07:50 Publié dans Maître route | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.01.2009
Tarabiscotages
Comme dans notre précédente demeure où, outre l'attrait des baguenaudages divers entre livres, disques et surfages, le travail à domicile m'enlevait tout désir durable d'écrire, de tenir mes carnets, je m'aperçois avec horreur que je n'ai pas publié le moindre billet en trois jours, et ce à peine né ce nouveau blog, alors que, pour aggraver mon cas, j'avais griffonné quelques paragraphes la semaine passée et que je n'avais, en quelque sorte, qu'à les reproduire ici.
Plusieurs fois, depuis jeudi, installé au bureau bas blanc de la bibliothèque, contemplant cette vaste pièce où enfin, à quelques-uns près, sur quatre murs pleins, tous nos livres sont rassemblés, je me suis dit que j'allais écrire un long texte sur cet antre lumineux, et, en fin de compte, c'est ce soir, à presque onze heures, à la table de la salle à manger, ma ration quotidienne de copies corrigée, que j'ouvre ce carnétoile pour y jeter --- rien ; évidemment, la lecture de La Dissolution (où, entre autres maints échos de mon existence actuelle, se trouve une référence à la loi de Mariotte, mais aussi un globe japonais déchiré) ne pousse pas au constructivisme, encore moins à une attitude de type réaliste-naïf ou prémoderniste-fleuraufusil. (D'ailleurs, je trouve que les chemins de Roubaud et de Blanchot se croisent de plus en plus, comparaison qui surprendrait, choquerait, agacerait -- qui sait ? -- le seul des deux à pouvoir encore grimper au plafond.)
Ce soir, même, voulant essayer, malgré la fatigue, de ne pas céder à la paresse et de suivre l'une de mes bonnes résolutions de 2009 (un peu de latin soir et matin chasse le médecin), je n'ai pas réussi à m'intéresser ni à l'incipit du Pro Roscio Amerino (Cicéron) ni à la troisième des Héroïdes. Je veux tout de même persévérer, et, une fois ce billet écrit, complété d'ailleurs par une notule du dimanche précédent, je vais prendre ce bon vieil Ovide à bras-le-corps. Peut-être suis-je outrecuidant, ou surestimé-je mes forces, en me passant d'éditions bilingues ; on verra.
11 janvier, cinq heures p.m.
Le soir du 10, la 2ème de Brahms, par Masur – toujours aussi scintillante, douce, émouvante. Le 11, encore la 1ère de Mahler, par Abbado. Je suis toujours aussi partagé – des splendeurs, mais éparses. Plus disséminé que symphonique, peut-être.
Alpha, se remettant difficilement de sa gastro-entérite, s’envoie un roman de la série des Mystères romains, par après-midi (3 heures à peu près pour un roman de 200 pages). 3 sur 11 déjà (*).
Mes parents sont en Egypte depuis hier. Aujourd’hui, c’était leur journée la plus fatigante. Pas de nouvelles, évidemment, d’autant que nous n’avons toujours ni téléphone ni surtout Internet à la maison. (Au moins, je corrige mes copies.) Alpha lit chaque jour, avec envie mais aussi une belle once d’expertise, le programme de leur voyage.
(*) Hier et aujourd'hui, il a lu les tomes 4 et 5 : Les Assassins de Rome & Les Dauphins de Laurentum. (J'ai commandé, en anglais, un recueil de nouvelles de cette même série, qui n'a pas l'air si mal écrite que ça, et en tout cas très convenablement traduite et fort soigneusement éditée.)
23:02 Publié dans Otium terrae | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.01.2009
Que se désignent les onobèles...
[ toujours du 11 ]
Histoire Auguste
Une autre bonne résolution de 2009, prise le 7 ou le 8, c’était de me remettre enfin régulièrement à la lecture de textes latins. À la faveur de la passion actuelle d’Alpha pour l’histoire de Rome, j’ai emprunté l’édition bilingue de l’Histoire Auguste en « Bouquins » (texte établi, présenté et traduit par M. Chastagnol), et j’en lis, depuis vendredi, quelques pages chaque jour.
Ce qu’il faudrait, c’est tenir la route.
Ce qu’il faudrait, aussi, c’est noter les phrases ou fragments de phrases qui m’ont marqué.
Histoire Auguste (II : fragments)
Sed de nomine hactenus (Elag. II, 4) : Mais en voilà assez sur [son] nom / Enfin, assez parlé du nom…
… ne innobilitatae remanerent (Elag. IV, 3) : afin qu’elles ne restassent point désanoblies / « pour éviter qu’elles ne perdent leur rang »
imperatorium id esse dictitans (Elag. VIII, 3) : [il] prétendait que c’était digne de l’empire [Gaffiot à dictito : dire et redire, n’avoir à la bouche que…]
… onobeli ; sic eos appellabant, qui viriliores videbantur… (Elag., VIII, 7) : ceux qui avaient la réputation d’être plus membrés se donnaient le nom d’onobèles. [Une note de M. Chastagnol explique l’étymologie grecque : onos, âne + bélos : dard]
Deus avertat hanc amentiam. (Aur., I, 5) : Que Dieu empêche une telle absurdité !
21:21 Publié dans Vertet amori | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
L'Homme qui rit
L’Homme qui rit.
Le 1er janvier 2009, il fallait bien – malgré la morosité des petites maladies qui se succèdent et n’en finissent pas – prendre quelques décisions symboliques. Il y avait un petit pavé rouge, sur une étagère. J’ai dû acheter mon exemplaire, relié de rouge et helvète, de L’Homme qui rit, vers 1989, peut-être avant, et chez le bouquiniste de Saintes, probablement. En vingt ans, je ne l’avais toujours pas lu. Même un ami en avait offert l’édition de poche G.F. à Claire (peut-être à mi-parcours, en 1999 ?). En rangeant encore des livres, lors du déménagement, j’ai saisi le petit pavé rouge, l’ai posé sur la table de chevet. Le soir du 1er, j’en ai commencé la lecture. Après sept soirées, j’avais mis le point final à l’une de mes résolutions du Nouvel An.
Le roman est magnifique, avec toutes les pesanteurs hugoliennes qui en rendent la lecture si splendide, si mémorable. 600 pages de digressions, pour un contenu narratif qui tiendrait en quinze pages d’un conte, et mélodramatique ô combien.
[ écrit le 11 janvier ]
18:20 Publié dans Trou matière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.01.2009
Par la présente...
Nous avons emménagé dans notre nouvelle maison le 24 décembre, et, après quelques jours, on peut dire que, malgré les divers petits et récurrents soucis de santé, nous y étions installés, sans plus ni cartons ni bazars introuvables. Désormais, trois semaines après le déménagement, nous y trouvons nos marques. Hier soir, pour la première fois, j'avais l'impression d'être dans mon lieu de vie familier, ce qui signifie aussi -- et c'est un peu triste -- que la période d'entre-deux où l'on se sait chez soi sans tout à fait sentir cette familiarité des lieux, est révolue, irréversiblement.
Il y a aussi que j'avais bu six cafés et un Coca au cours de mon lourd mardi, et que j'ai lu jusqu'à pas d'heure dans la vaste bibliothèque qui fait face à la chambre à coucher.
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L'adresse de notre nouvelle demeure se ramifie en de multiples anagrammes, qui donnent, à ce carnétoile, son titre, ses sous-titres, et le titre de ses rubriques... Il faudra expliquer pourquoi, après tant de doutes et d'atermoiements, j'essaie de reprendre l'écriture ; il s'agit d'une de mes "bonnes résolutions" pour 2009, mais non seulement. Plusieurs projets (ambitieux (toujours trop ambitieux)) président à la naissance de Suaire, tome XIII.
11:24 Publié dans Arte moverit | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
13.01.2009
Solution de continuité
Pour ébaucher ce nouveau carnétoile, dont j'espère qu'il aura au moins aussi longue et intense vie que Touraine sereine et Musicien masque de mots, ses deux ancêtres et compagnons d'infortune, j'aimerais me placer sous le double signe d'un texte que j'ai écrit il y a fort longtemps (treize ans, d'après de rapides calaculs) et d'un livre que je viens d'acheter, après avoir tergiversé depuis le mois de novembre, en partie parce que je n'avais pas le temps de le lire, mais aussi en raison de son prix (eh oui, il m'arrive d'avoir un oursin au portefeuille).
Le texte s'intitulait "Solution de continuité" et constituait la deuxième section de Flots (à moins que ce ne fût Féerie).
Le livre n'est autre que La Dissolution de Jacques Roubaud, dernier (et, qui sait, ultime (la 4ème de couverture est bien mystérieuse) ?) rejeton de son "Projet".
12:01 Publié dans Orateur mité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



